Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 12:55

25 mars - eh ben ça y est, le départ à nouveau... nous partons dimanche 28 très tôt. Les meubles sont emballés, stockés dans un des hangars de la firme de stefan jusqu'à leur déménagement pour notre futur "chez nous"-on-verra-bien-où, lilya et matey ont fait leurs adieux à leur kindergarden, nous disons doucement au-revoir aux amis et les ptites boîtes avec nos qques affaires sont en cours de rangement.
Plutôt contents de reprendre la route, je dois l'avouer, cette démangeaison dans les jambes devient pahologique... tjs ailleurs, tjs autre chose, hé ça va être dur de reprendre un train-train de retour à la vie de travailleur... quoique non en fait, nous sommes aussi excités de recommencer ailleurs, au pied des montagnes, chercher un endroit où vivre, des boulots, une école, des amis...
Nous prévoyons maintenant un retour assez rapide, qques étapes courtes (2-3 jours à chaque endroit) : Timisoara en Roumanie (aaaah après bien des plans et des hésitations, nous voulions au départ faire un détour bien + long par la Roumanie tant elle nous attire - mais finalement nous ne nous donnons qu'un avant-goùt en faisant la promesse de consacrer un véritable voyage à cette Roumanie fascinante qui mérite bien mieux qu'un passage-éclair) - Budapest (juste le temps de goûter à l'ambiance de la ville), Biedermannsdorf (eeeeh, je vous vois venir, mais c'est où ce bled? et pourquoi ce trou perdu?... c'est en autriche, à côté de Vienne, nous y avons des amis qui possèdent un moulin retapé avec un jardin gigantesque!), München (si Luba n'a pas accouché juste à ce moment-là ;-) puis finalement détour par le Luxbg voir la familia (et récupérer nos papiers, genre diplômes et équivalences, qui facilitent fortement la recherche d'un boulot éventuel...), puis ce sera la Savoie.

Donc je suppose que ce blog termine sa raison d'être, peut-être encore un ou deux détails de notre petit voyage retour mais pour l'essentiel, je pense de mon devoir de m'arrêter là. Nous raconterons le reste de vive voix, puisqu'on vous reverra tous très bientôt!

Par Djadjev's 4
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 12:21

Aujourd’hui, petite introduction au monde des Roms. Il faudra excuser ma verve et mes digressions, je suis encore sous le coup des émotions. En effet, j’ai (encore) eu une discussion houleuse à propos de ce groupe largement rejeté par les autochtones en Bulgarie (et ailleurs mais là n’est pas le sujet). Et comme je déteste me retrouver à discuter « dans le vide », sans argumentation concrète et objective, j’en suis venue à me documenter afin d’étoffer mes maigres connaissances sur ces gens fascinants, méfiants, typés indiens, en marge de toute société, qui font peur, détestés de toute part et victimes de ségrégations, de racismes et de préjugés profondément ancrés dans les croyances bulgares et autres. Je partage mes recherches avec vous, pcq je réalise que, même lorsque l’on sent confusément que ces discriminations à leur égard sont injustes et non-fondées, peu de gens connaissent les faits concrets de leur histoire passée ou présente.

Les préjugés les + communs : ce sont tous des voleurs, des arnaqueurs, des mendiants, des paresseux qui ne veulent pas travailler, ils sont sales et vivent dans des conditions non hygiéniques parce qu’ils l’ont choisi, ils ont des dizaines d’enfants pour les revendre ensuite, ils volent les enfants, font du trafic d’organes, de femmes et d’enfants, ils sont idiots et analphabètes, ils refusent de vivre en société, ils refusent les lois du pays, ils sont agressifs et provoquent les bagarres, ils ont tjs un couteau sous la veste, etc etc.

Et évidemment, comme dans tous les préjugés envers une minorité, il y a bcp de réalités dans ces propos : mais ces réalités découlent évidemment directement du rejet et du racisme dont ils sont victimes en premier lieu. Un cercle vicieux, comme tjs, et si vicieux que la quasi-totalité de la population bulgare a été « éduquée » à trouver normal que l’on méprise les Roms !!! Comment sortir de ce cercle lorsque l’on apprend depuis sa naissance qu’on est paria, que l’éducation nous est refusée, que les regards se remplissent de méfiance, de haine ou de mépris lorsqu’on se montre ?

Ici, on me répond que ces caractéristiques (paresseux, voleurs, mauvais, associables…) sont inhérents à leur personnalité, que leur mode de vie le veut ainsi. Vous me direz, c’est le trait commun à tout racisme, calquer des traits de caractéristiques non fondés sur une ethnie donnée, sans justification ni réflexion, puis inculquer cela à ses propres enfants. Mon dieu les conneries que me sortent certaines personnes (d’un niveau d’éducation élevé !). J’appelle cela du pur bourrage de crâne, de l’absence voulue de réflexion, des certitudes ridicules.

Une des idées bien ancrées est celle qui dit que les roms refusent de s’intégrer, chiffres à l’appui, villages à 100% roms, regroupement aux abords des villes en ghettos… mais ce qui explique aussi les chiffres, c’est que lorsqu’un Rom arrive à s’intégrer dans la société (si, cela arrive !), il cesse d’être considéré comme un Rom… il sera bulgare. Contradictions pathétiques.

 

Allez, évitons de nous perdre en paroles creuses, exposons un tant soit peu (la plupart vient de Wikipedia, recoupé par d’autres articles de la presse, d’amnesty, de la communauté européenne ou autres liens net – j’ai fait de mon mieux pour vérifier la provenance et l’exactitude…-)

 

 En 1971, le congrès des associations et mouvements militants roms adopta le drapeau rom comme symbole du peuple Rom. Fond vert (qui symbolise la Terre fertile) et bleu intense (le Ciel, la liberté), et dessus la Chakra (roue solaire à vingt-quatre rayons, symbole de la route et de la liberté), du rouge de l'empereur Ashoka ou Ashok.

Les termes pour les désigner sont aussi variés que les sous-groupes et les pays qu’ils ont traversés :

Rom, a été adopté par l’Union Romani International en 1974 afin d’éviter les désignations à connotations racistes. Signifie « homme » en hindi.

Manouches est proche de manushiam, qui signifie gens en hindî.

Gypsies en anglais rappelle une ancienne légende selon laquelle les Roms seraient venus d'Égypte ("Egyptos" en grec) mais en fait les noms grecs Gyps et Gyftos, dont dérive Gypsies, signifient respectivement recycleur, équarrisseur, et ferronnier, ferrailleur, chaudronnier.

Gitans, de l'espagnol Gitanos, dérive aussi de Gyftos et de Gyps, et a également été rapproché d'"Egiptos". Ce terme n'a jamais été utilisé par les Roms pour se désigner eux-mêmes. Connotation péjorative.

Tsiganes vient du grec intouchable. Cette dénomination a donné Zigeuner en allemand, Cigány en hongrois, Zingaro en italien, etc. (considéré comme péjoratif, dans les pays de l’est en tout cas, certainement à cause de son emploi lors de la 2ème guerre mondiale par les SS).

Bohémiens: ceux qui arrivent du royaume de Bohème (le roi de Bohème leur avait accordé un passeport !). Au fil du temps, ce mot est devenu péjoratif ou désuet et certains groupes ont demandé à ce qu’on ne l’emploie plus.
Romanichels : « homme de notre race » dans la langue de ce peuple, le Romani : Romani = homme, tchel = peuple ; Romani Tchel = homme de notre peuple.

Leur langue est le romani, que les linguistes divisent en 3 groupes linguistiques, correspondant à trois grands ensembles historiquement différenciés en Europe : celui des Roms vivant principalement en Europe de l'Est, au Proche-Orient, en Amérique et en Australie ; celui des Sintis ou Manouches vivant en France, en Italie, au Benelux et en Allemagne et celui des Gitans vivant dans le sud de la France, en Espagne et au Portugal. La parenté du romani avec le sanskrit a été clairement établie.

 

Un peu d’histoire : leur origine est supposée indienne. C'est l'hypothèse sur laquelle s'accordent la plupart des ethnologues : dans l'Inde brahmanique, les bûcherons, les bouchers, les équarrisseurs, les tanneurs, les fossoyeurs, les éboueurs, les chiffonniers, les ferronniers, les mercenaires (Rajputs) et les saltimbanques exerçaient des métiers nécessaires à la communauté, mais considérés comme impurs. Ils n'avaient pas le droit d'être sédentaires et étaient hors-caste, comme ceux que l'on désigne aujourd'hui comme intouchables. En Inde, où ils sont connus sous les noms de Doms, Lôms ou Hanabadoches (en hindi/ourdou), les ancêtres des Roms étaient des groupes sociaux/professionnels plutôt qu'ethniques, leurs origines étaient géographiquement et socialement multiples, et leurs groupes très perméables (un enfant issu d'une union non-autorisée, un proscrit pour quelque raison que ce soit, étaient aussi « impurs » qu'eux et pouvaient donc les rejoindre).

De l'Inde, certains de ces groupes migrèrent (peut-être pour échapper au rejet de la société brahmanique) vers le plateau iranien et l'Asie centrale, puis l’Europe, l’Anatolie et l’Egypte.

Ils auraient atteint les Balkans au XIVè siècle.

 

Quelques chiffres et anecdotes en Bulgarie

-         En Europe, il y aurait entre 6 et 9 millions de tsiganes.

Selon le dernier recensement en 2006 ( ?je pensais que leur recensement n’était pas autorisé pour cause de discrimination ?), il y aurait 370 000 Roms en Bulgarie. 700 à 800 000 selon l’U.E. Les ONG parlent d’1 million de Roms dans le pays…

La Bulgarie est le 2ème pays, après la Roumanie (qui en compterait environ 2 millions), à compter le plus de roms sédentarisés.

-         Guerre de 39-45 : les nazis leur tatouaient un Z sur le bras (zigeuner) dans les camps de concentration où ils ont été largement déportés. Bien que des chiffres exacts ou des pourcentages ne puissent pas être vérifiés, les historiens estiment que les SS et leurs alliés auraient exterminé de 25 à 50% de tous les Roms européens.

-         Un sondage de 2007 : 68% des Bulgares juge la discrimination ethnique « normale »

-         Au second tour de l’éléction présidentielle de 2006, Volen Sidérov du parti extrème-droite Ataka a obtenu 24,1% des suffrages. Ce groupe tient des propos anti-roms violents (entre autres…) sur sa chaîne de télévision privée, cela sans sanctions.

-         80% des Roms sont au chômage. Un approfondissement datant de l’ère post-communiste : les Roms embauchés sous le communisme ont été les premiers à avoir été mis à la porte des entreprises lors de la chute du mur, car moins éduqués et moins qualifiés (et moins appréciés), et cette politique de discrimination (non-embauche ou licenciement) reste actuelle

-         Seuls 11% des roms suivent des études secondaires : comprenez que 90% des roms arrêtent l’école vers 12 ans. La « technique » consistant à rediriger systématiquement les enfants roms vers des « institutions spécialisées » (càd pour handicapés mentaux) est encore et tjs en vigueur. Selon le centre européen pour le droit des Roms, entre 70 et 90% des élèves des institutions spécialisées sont Roms.

En 2006, le tribunal de district de Sofia a jugé que le ministère de l’Éducation, la municipalité de Sofia et une école de la capitale avaient pratiqué une forme de ségrégation envers des enfants roms, bafouant ainsi la législation antidiscrimination. Cette instance a constaté que tous les élèves de l’école étaient des Roms. Ce regroupement n’était pas le choix des élèves mais celui des autorités. La cour a également considéré que la médiocrité des conditions d’étude, l’absence de contrôle des présences et les faibles exigences éducatives régnant au sein de cet établissement constituaient des violations du droit des enfants roms à l’égalité d’éducation et à l’intégration.

-         Un tribunal de Blagoevgrad a condamné (en 2006) un restaurant qui avait refusé de servir un groupe de clients roms. Ces derniers, qui avaient attendu en vain durant une heure, avaient déposé une plainte pour discrimination. Le propriétaire du restaurant n’a pas pu démontrer qu’il avait traité ces clients de la même manière que les autres, comme l’exige la législation bulgare en matière de lutte contre la discrimination.

-         Leurs habitations sont souvent construites illégalement aux abords des villes (dans les conditions d’insalubrité et de manque d’hygiène que cela implique), et ils se font expulser (sommations de quitter leurs maisons en moins d’1 semaine – quand ce n’est pas destruction immédiate) sans aucune indemnité ou propositions de relogement. Mais, selon Amnesty, cela irait en s’améliorant, le tribunal de district de Sofia ayant déjà fait ajourner des expulsions car les autorités n’avaient pas prévu de relogement pour les personnes.

-         Je n’arrive pas à trouver des chiffres : combien de Roms ont la nationalité bulgare ? càd la carte d’identité avec tous les droits qui vont avec. Je sais qu’il est courant de refuser la nationalité aux Roms par diverses techniques (reconnaissance tardive de l’enfant à la naissance par ex.).

-         Leurs boulots traditionnels en Bulgarie : balayeurs des rues, vendeurs ambulants, aiguiseurs, ferrailleurs…

 

Les choses bougent tout de même, des lois voient le jour, quant aux discriminations et aux statuts des Roms, leur identité nationale et ethnique. Voici un texte intéressant proposé par leur comité, à propose du statut Rom en Europe :

http://www.rroma-europa.eu/fr/sc_fr.html

Il y a aujourd’hui 2 députées d’origine Rom à la Commission européenne, qui dirigent les regards sur ces problèmes. Bon, on avance.

Mais quant au quotidien, les croyances sont tenaces et ce n’est pas encore la prochaine génération bulgare qui parlera d’un Rom comme de son égal ou simplement comme d’un être humain. Et ce sont de vaines discussions fatigantes et démotivantes, avec des personnes qui souvent ne pensent pas à mal en tenant des propos racistes et méprisants, mais qui se refusent à réfléchir ou à se démarquer de leur société. Triste et dommage. L’espoir est à attendre du côté de la civilisation Rom, qui doit prendre et faire prendre conscience de leur sort.

 

http://www.interculturaldialogue2008.eu/fileadmin/downloads/documents/600-press%20releases/IP-08-1326_FR.pdf

 

http://www.amnestyinternational.be/doc/article5327.html

 

rapport de l’ECRI sur la Bulgarie http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/ecri/Country-by-country/Bulgaria/BGR-CbC-IV-2009-002-FRE.pdf

 

Par Djadjev's 4
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 20:29

1 mars - Martenitsi!!!
Hé, je ne peux pas laisser passer le 1er mars sans vous conter cette tradition typiquement bulgare (quoiqu'il parait qu'il y a des copiés-collés en roumanie et moldavie...): la martenitsa!
C'est cette petite chose en laine (ou en soie) rouge et blanche, qu'on offre aux amis et qu'on accroche soit côté coeur, soit au poignet, les premiers jours de mars. J'adore cette tradition, et c'est sympa de voir tout un chacun (mais alors, vraiment tout le monde!) avec ces 2 ptites couleurs sur la veste, le pull ou le poignet. Il y a qqchose d'émouvant et de bêtement humain à se sentir faire partie d'une même tradition, d'un même groupe, un je-ne-sais-quoi d'humanité dans cette tradition de porter la martenitsa avec tout les autres.
D'après ce que j'ai pu glaner comme informations... cette tradition découle d'une légende (ou histoire d'après certains) du VIème siècle, lors des épopées bulgares guerrières dans la région du Danube: le roi (ou tsar) est tué, ses 5 enfants cherchent une terre où établir leur peuple, les bulgares, au sud du Danube. 1 fils et 1 fille sont faits prisonniers par les khazars, les 3 autres fils continuent et franchissent le Danube où ils trouvent la terre promise: la Bulgarie. Afin d'avertir leur frère et soeur, ils leur envoient un faucon avec un fil de laine blanche attachée à la patte. Le frère et la soeur alors arrivent à s'enfuir, mais lors de leur fuite, le frère est blessé et le fil se teinte de son sang. Ils meurent peu après avoir rejoints leurs frères dans la terre promise, et leurs frères décident de garder ces fils blancs et rouge comme symbole.
Ensuite il y a la légende Baba Marta (gd mère Mars): c'est une vieille femme difficile qui décide de l'hiver et de sa fin. Il faut donc lui donner en offrandes les martenitsi, en les portant sur soi, puis lorsque l'on voit la première cigogne, la première hirondelle ou le premier arbre fruitier en fleurs, cela signifie que baba marta est satisfaite et qu'elle va faire venir le printemps. Donc on accroche sa martenitsa à l'arbre fruitier en fleurs.
Il y a des arbres frutiers remplis de petits rubans rouge et blanc, c'est très beau et émouvant.
Dans les croyances bulgares, le rouge signifie santé et force, le blanc longue vie. Souvent on les agrémente d'une touche de bleu pour éloigner les mauvais esprits.
Les martenitsi traditionelles sont les petits bonhommes Pizho et Penda, ou les petits pompons rouge et blancs, mais aujourd'hui - commercialisation oblige - il y a de tout, du bracelet au pendentif aux broches... surtout pour les enfants évidemment, entre les petits chiens rouge et blanc, les voitures, spiderman, et autres figurines attractives. Toutes les tailles aussi, entre les microscopiques pizho et penda, ou les gigantesques ponpons... la vie se décline en rouge et blanc depuis aujourd'hui.
J'aime bcp cette tradition pour son effet de regroupement, se sentir appartenir à une croyance altruiste , car si on achète une martenitsa c'est tjs et sans faute pour l'offrir à qqun qu'on aime, en lui souhaitant santé et bonheur.
Sur ce, chestita baba marta!

Par Djadjev's 4
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 13:15

Nous avons passé 7 jours dans le village de Banya, au pied de la montagne Pirin et avec vue sur les montagnes Rila et les Rhodopes de l'autre côté. Une région de toute beauté, encore sauvage - quand on s'éloigne des complexes de ski.
J'ai retrouvé mon amour premier pour ce peuple fort que sont les Bulgares, grâce aux villageois, à la multitude d'animaux en tout genre qui peuplent les villages et les routes, aux maisons superbes, aux véhicules en tout genre, et surtout surtout grâce à l'accueil de Bate Stoïko et Kaka Mara (diminutif de Margi !!! ici mon prénom est tout à fait banal !!! si si !!!). Bate et Kaka sont des appellations que l'on rajoute devant le prénom d'une personne plus âgée, quand on veut lui témoigner du respect et de la tendresse (selon l'âge ou le degré d'intimité, elles vont changer.. moi je répète comment disent atanas ou svetla, pcq je n'ai pas saisi toutes les subtilités) - j'aime bcp ces témoignages simples de respect et d'amitié, cela me rappelle les manières sud-américaines de s'adresser à l'autre, et comme partout en ce monde civilisé, cest dans les campagnes que ces traditions restent plus vivaces encore, comme si le respect y subsistait plus facilement.
Nous avons dormi dans la maison de Tinka (fille de stoiko et mara) et Andon, pcq ils chauffent tout un étage et donc pouvaient nous loger sans risque de retrouver des glaçons le lendemain, au contraire de bate stoiko et kaka mara, qui vivent comme la majorité des villageois sans le sou, dans "la pièce d'hiver" tout l'hiver: une seule tout e petite pièce de la maison est chauffée grâce à un poêle à bois et cette unique pièce devient leur maison pour tout l'hiver. Elle me rappelle bcp la manière ottomane de vivre, dans l'idée et dans la forme: des peaux en laine sur tous les murs (qui rappelent bien le mouton par leur odeur persistante...), des peaux en laine sur les chaises, sur les lits-banquettes (qui font office de canapé-lit-place de jeu), une table (avec diverses rakia dessus: 1 destinée à réchauffer le ventre par absorbtion directe, 1 destinée aux douleurs dorsales par étalement, 1 pour les divers pbs respiratoires et rhumes par frottement pulmonaire), une télé (indispensable), un évier (faisant office de SdB et cuisine) et le poêle pour chauffer et faire bouillir l'eau pour le tchaï, 1 calendrier (minimum) par mur (c'est pour tromper son monde et faire comme si on avait plein de tableaux dans sa maison) et la photo des petits et arrière-petits enfants sur la télé. Il fait dans cette pièce au minimum 27°C - hé, y'avait un thermomètre accroché- , quand on vient du dehors vivifiant et enneigé (donc on a mis ses collants, pantalons chauds, grosses chaussures, sous-pull, pull à col roulé, grosse veste,gants, bonnet), c'est assez ..hmm..quel est le mot? étonnant?surprenant?chaud?suffocant?cardiaque? irresponsable? ..bref, j'ai failli défaillir et là, le secours s'appelle les toilettes, heureusement situées à l'extérieur.
Bate stoikov et Kaka mara, 85 et 78 ans, sont des personnes d'une gentillesse et d'une simplicité parfaite. Stoiko propose à qui veut bien l'écouter un verre de rakia de sa propre fabrication, et il faut absolument accepter pcqu'alors on a le bonheur de le voir se servir verre après verre, avec un pétillement dans les yeux qui me faisait penser à un petit garçon malicieux qui sait qu'il fait une bêtise mais qui adoooore ce sentiment. Ils passent leur temps à rire, ce qui m'a étonnée et merveilleusement apaisée après les visages sombres de Sofia.
Malheureusement pour moi, leur bulgare est un mélange incompréhensible entre accent et dialecte bizarre, la prononciation change de ce que je connais et donc j'ai bcp fait rire kaka mara pcq elle trouvait très drôle que je ne pige rien à ses longs discours.
Chez Tinka et Andon, où nous avons dormi, j'ai cru me retrouver dans une maison middle-class bolivienne...la décoration et la manière de vivre sont quasi-identiques. Chauffage poussé à fond, nous avons d'ailleurs provoqué un scandale au matin pcq j'ai l'habitude de couper le chauffage pour la nuit (au moins...), une télévision dans chaque pièce, 6 gsm pour 2 personnes ne travaillant pas, des calendriers comme déco murale partout, des cadres avec les photos des petits-enfants obèses sur la télé, fleurs en plastique et assiettes "souvenir de la mer noire"... Mais le coeur sur la main, tjs prêts à discuter, expliquer ou aider. De "vraies" personnes, sincères. J'ai enfin eu l'impression de sortir un peu du cercle des plaintes continuelles sur la vie.
Nous avons eu nos oeufs frais, notre lait frais, notre yaourt chaque jour, la joie de voir les animaux en semi-liberté dans le village (chevaux, vaches, oies, moutons, chèvres, poules, chiens, chats... tout ce beau monde se débrouillant +ou- seul pour trouver sa nourriture..d'où mon petit défi à Andon qui déteste ses 2 chats qui viennent quémander à manger en plein hiver: je leur ai refilé mon yaourt quotidien en secret, chtt!). 
Evidemment si nous sommes allés à Banya, c'est surtout pour les bains. C'est un village posé litéralement sur plusieurs sources d'eau thermale sortant à 57°C, connue pour ses vertus cicatrisantes et anti-rhumatismales. Le plus beau est que ces sources sont encore publiques (évidemment il y a rumeurs qu'une grosse compagnie va acheter les terrains avec les sources..privatisation prochaine - mort du village tel qu'il l'est - expropriation des tziganes etc), donc partout on voit couler de petits ruisseaux qui fument dans la neige, les femmes vont laver le linge aux lavoirs à 50°C et chaque jour nous avons été aux bains: établissement thermal public où on peut profiter de l'eau soit dans des bassins (divisés quand même en "pour femmes" et "pour hommes", sont plutot ancienne mode ici), soit en prenant une baignoire privée (et pour vraiment rien). Nous avons pris une baignoire pcq on peut y régler la température de l'eau, et j'avais peur que les petits ne supportent pas la chaleur des bassins (entre 36 et 41°C). C'est un pur plaisir de se plonger dans ces baignoires (qui puent l'oeuf pourri) énormes, lilya et matey ont adoré "se laver" dans cette mini-piscine embuée de vapeur, puis sortir ensuite dans le paysage enneigé, c'est magique.
Banya possède son double, juste après le petit pont des sources: le village tzigane. Ils sont à peu près aussi nombreux que les "bulgares" de banya, mais impossible de se tromper sur la provenance des gens: les gens de Banya sont "blancs", les tziganes sont vraiment sombres de peau, d'un type très différent, bien plus pauvre encore que les villageois, accompagnés d'une ribambelle d'enfants en haillons. La séparation est très nette entre les 2 "parties" du village, les gens parlent de "nos" tziganes, les acceptent, vivent en totale paix avec eux, m'ont à chaque fois répété "nos tziganes ne sont pas des voleurs" (comprendre: tout les tziganes sont voleurs mais pas ceux d'ici - ce que je suppose dira qqun d'un autre village avec d'autres tziganes.... donc moi je me demande bêtement "mais où sont donc ces tziganes voleurs?") mais mais mais ce ne sont pas des bulgares, ce n'est pas Banya et quand même "quand je vois qu'il y a trop de tziganes dans le bassin, je demande au chef d'augmenter la température, et hop en 5 minutes le bassin est pour nous tout seuls".... C'était d'ailleurs hilarant, nous avons eu la chance d'assister à la farandole d'un de leur mariage devant les bains, avec fanfare à la kusturiza, assez décalé et magnifique, et là on m'a expliqué (je suppose en voyant mon sourire et mes yeux) que "ça c'est un mariage bulgare!" - aaah, tout d'un coup ils deviennent bulgares vos tziganes...je m'y perds ;-) Je suis fascinée par leurs visages et leur manière de s'habiller, ils sont en général très expressifs, méfiants et fiers ou au contraire totalement ouverts, et leurs enfants sont magnifiques, très souriants et arrogants. Ils font un peu peur de la même manière, peut-être à force d'être et d'avoir été persécutés, ils ont souvent un regard qui dérange.
Qques excursions que nous avons fait pendant la semaine: of course, l'incontournable Bansko, la station de ski huppée (pour les bulgares) bon marché (pour les anglais-allemands-danois)...et bien un conseil: contournez-là!! J'ai vu le village il y a 5 ans, et on sentait déjà l'investissement immobilier flamber, mais cela restait vivable, un joli petit centre piétonnier, de vieilles maisons... nous n'avons même pas retrouvé le centre!!! hôtel sur hôtel, complexe sur complexe, d'un genre exécrable, loger et faire boire et bouffer un maximum de crétins en un minimum de temps et d'argent. Un désastre. Mais quelle station de ski n'a pas détruit tout l'environnement, à coup de pistes, d'hôtels et de restos?! bref.
Ensuite, un détour extraordinaire: le parc des ours danseurs de Brigitte Bardot - une vraie référence dans le pays, BB!!! elle a fait récupérer les ours des tziganes montreurs d'ours, pour les placer dans ce gigantesque parc perdu en pleine montagne, un endroit superbe et géré par des professionels et des volontaires. Ils s'occupent des ces ours qui ont été traumatisés et violentés toute leur vie, dans un parc où ils vivent en semi-liberté. La plupart sont mutilés (odorat détruit par brûlures, anneau dans nez, aveuglés, frappés) et tournent en rond, n'hibernent même plus et sont dangereux pour l'homme car agressifs ou trop sociables, ne savent pas se nourir... Ils font peine à voir mais je trouve que cette fin de vie est une belle petite compensation pour ce que l'homme leur a fait.
!!! je me rends compte que j'oublie un fait hyper important, qui a fait que nous avons trouvé ce détour génial! j'explique en 2 mots la route qu'il faut emprunter pour aller à ce fameux parc (suivre les panneaux jaunes "dansing bears"): super merdique. Et ça grimpe sacrément dans les derniers km (ah, oui, c'est qd même à 11 km hors de la civilisation), puis les derniers 100m, c'est de la patinoire sur neige-glace-boue...la skoda est une 4x4 et le chauffeur est un as du volant donc sans difficultés majeures pour nos âmes d'aventuriers. Mais, pour corser l'histoire, nous avons été coincés par une ptite Fiat pneus lisses patinant et glissant désespérement en arrière dans un virage enneigé, donc atanas se gare précautioneusement sur le côté (d'un chemin déjà pas large en en côte) - au cas où le gars de la fiat qui n'en menait pas large glisserait carrément sur nous - et sort pousser la fiat de ses robustes bras. Hop hop, la fiat repart avec ses 2 biologistes étudiant les ours (comme nous l'avons appris bien plus tard...). Le coup du sort, c'est qu'en voulant ensuite redémarrer la skoda...ben hop hop hop c'est elle qui a glissé dans le fossé carrément profond et s'est calée tranquillement. Impossible de bouger, perdus par -10°C dans un virage au milieu de nulle part, avec surement des ours morts de rire cachés autour. Nous trouvons un garde forestier, qui a un tracteur (wow!!trop cool!!) qui ne marche plus (ah bon, pas cool.) et rien pour faire bouger d'un pouce cette satanée voiture. Commence à faire froid d'un coup... Svetla coincée côté fossé, commence très nettement à paniquer. Sur ce arrivent coup sur coup 4 voitures, avec plein de beaux gars très musclés (ok ok ok.. mais ils sont tous beaux les bulgares!!) dont le premier met ses chaines neiges et nous annonce qu'il va nous tirer par l'avant: il met ses chaines, se met du cambouis partout, finit par enlever sa veste, se met du cambouis encore plus partout, on installe la chaine pour tirer la voiture, et zou en avant - marguy au volant, les autres poussent - et hop hop les chaines du monsieur cassent... oups. Changement de tactique ("faut pousser an avant!", "pousser vers l'arrière!", "soulever la voiture et la remettre sur la route!", "mettre une planche sous les roues", "aller chercher les ours!" etc etc), puis après réparation astucieuse des chaines (euh..rien compris, c'est les plans débrouille), tirage en avant par le msieur dans sa peugeot, poussée par 6 gars aux gros bras, marguy elle te sort la voiture du fossé sous les applaudissements (enfin non sinon ils auraient du lâcher la voiture, mais je les ai qd même entendus!), et hop hop hop c'est reparti. 1 h de bordel total sur la route des ours, on a bloqué tout le monde et tout le monde nous a aidé avec le sourire (que des jeunes, je précise) et sans rouspéter un instant. Le plus beau, c'est qu'on a retrouvé les biologistes et leur fiat pourrie avec les ours, tranquilles et heureux depuis 1h, qui ne se doutaient absolument pas de la mouise qu'ils avaient "provoqué" plus bas. Svetla s'en est remise, rassurez-vous, lilya et Matey parlent encore des "messieurs qui ont aidé à sauver la voiture et Tati à poussé avec le baton, c'était bien!".

Autres sorties superbes dans de petits villages dans la montagne, entre autres Dobarsko pour aller voir sa magnifique église (minuscule mais avec des fresques extraordinaires, trouvées en l'état et non restorées depuis le 16è) et Kremen pour découvrir la maison de théo et eric, paysages somptueux donnant jusqu'à la grèce et sur Pirin, à couper le souffle! et dans chaque village, la vie qui s'est arrêtée il y a 100 ans, les femmes avec les tabliers de laine en couleurs vives, les foulards fleuris sur la tête, les bas de laine marrons..les hommes en pantalons de laine courts et chaussettes épaisses dans les "galoches" (chaussures basses en caoutchouc), chapka marron ou noire sur la tête, veste de laine... nous avons eu la chance de voir un enterrement à Kremen, tout le village en rang (villages de vieillards, que ferait un jeune perdu dans cette montagne?!), et à Dobarsko, les vieilles femmes sont tellement curieuses des étrangers qu'elle viennent se renseigner pour les hommes restés dans le café. Très beaux instants.
 

Par Djadjev's 4
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 11:03

10 février -
Je parcours les rues de Sofia avec mes ptits thèmes sofiotes, je ne peux ni les détailler tous ici, ni vous mettre toutes les photos, ce serait long et rébarbatif... (pour moi aussi, je n'aime pas spécialement rester des heures devant cet ordinateur, même pour vous :-)). Mais voici quand même certains thèmes non-dévelopés.

"véhicules en tout genre de Sofia".
Je pense, sans être du tout mais alors vraiment pas une connaisseuse - ni une adepte - des moteurs, machines ou mécaniques rutilantes, que cette ville regorge de spécimen fabuleux. Il y a de tout.
Les incontournables Lada (russe),  Zastawa (yougoslave, comme la Yougo), Volga (la fameuse voiture faite en casques fondus de soldats russes et allemands), bref tous ces charmants petits engins qui tant bien que mal survivent sur les routes depuis 50 ans et +, avec très souvent de belles couleurs flashy comme on n'en voit plus chez nous, et un intérieur moquette ou tapisserie à fleurs.




        Il y a dans cette catégorie également toute sortes de camions, camionettes, chasse-neige (vaguement terrifiants leurs chasse-neige, je doute de leur efficacité quand je vois les routes). Ainsi que les bus, trolley et trams d'une époque lointaine, mais tout ce beau monde roule ...





C'est bien le but final d'un véhicule, pas vrai?
Eh bien, ce qui ne roule plus par les routes de l'ouest miraculeusement continue à rouler sur celles de l'est.
Il y a ensuite toute la panoplie de voitures "normales", qu'on voit partout, avec la seule différence qu'ici vous trouverez autant de modèles américains, qu'européens ou asiatiques, avec tout de même une nette préférence pour les gros modèles (j'ai apperçu 2 smart, miracle!!).


Après, tout bon sofiote aisé se doit d'avoir au moins 1 jeep dans sa collection, si possible noire, fenêtres teintées, imposante et absolument impossible à garer en ville (donc on se gare sur les trottoirs).

Ensuite, cela va avec votre niveau d'implication corruptive: plus vous avez des "relations", donc de l'argent, donc des loisirs luxueux, donc de voitures, plus vous vous dirigerez sur des modèles voyants, clinquants, sportifs et tjs du dernier modèle sorti dans l'année.














Et pour finir, il y a tous ces véhicules en fin de vie, abandonnés sur les trottoirs ou ailleurs (mais tjs qqpart où ils gênent évidemment soit la circulation, soit les piétons), pneus percés, rouillés, troués, remplis d'objets en tout genre, hébergeant chiens ou chats, plantes diverses se frayant un chemin par la tôle...et souvent même elles ont droit à une nouvelle vie pcq qque bonne âme les remtetra en état. Juste un exemple (bientôt résurecté, atanas a un ami fanatique des coccinelles, il remet en état les poubelles trouvées aux abords de sofia).
Voici pour ce thème.

"Statues de Sofia"
Sofia est une ville au nombre de statues impressionant, il y en a partout!
Entre celles qui évoquent les thèmes de la révolution, de la famille, du culte du corps, chaque poète, écrivain, révolutionnaire, président ou artiste bulgare possède son buste qqpart dans un parc ou devant un théâtre. Si les hommes ne tiennent pas un fusil dans les mains, ce sera une gerbe de fleurs, un enfant ou une femme. Les statues de femmes sont, je trouve, très belles et simples. Evidemment Ste Sofia, patinée d'or, est la plus connue.
Bien d'autres thèmes j'ai encore dans mon chapeau, il y a eu "les chiens de sofia" (partout! les chiens errants, très beaux, en bandes ou solitaires, les chiens en laisse ou s'échappant de leurs maîtres), "les enfants de sofia", "les constructions en tout genre de sofia" (entre les folies architecturales bizarres, les blocs communistes, les vieilles maisons en ruine ou retapées, les gratte-ciel tout en fenêtres, les palaces des nouveaux-riches...), "les portes de sofia", et je travaille en ce moment sur "les visages sofiotes", certaines gens ont de ces gueules! Mais je ne suis pas très bonne photographe et mon appareil n'est pas des plus bons non plus, donc mes meilleures photos se trouvent dans ma tête!


J'ajoute une photo qui appartient sans doute au thème précédent des jobs de sofia, j'ai découvert avec le soleil revenant, le vendeur de pop-corn du parc... je l'adore.

Par Djadjev's 4
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 10:37

Je me suis trouvé un petit jeu amusant pour diversifier mes sorties quotidiennes dans Sofia: je me donne des thèmes que je garde à l'esprit ensuite en me balladant au hasard des rues et je prends les photos en conséquences. C'est incroyable comme on peut voir alors plein de détails qui échappent à la vigilance des pas du visiteur, pcq comme je me focalise sur un sujet, je cherche tout ce qui peut s'y rapporter et je remarque une foule de petites choses que je n'avais pas vues avant. Donc, pour débuter, voici ma journée à thème "petits jobs à Sofia" (ce n'est ni une liste, ni objectif ni exhaustif... c'est de moi.). 

Il y a le plus bas de l'échelle, celui qui me fascine et m'écoeure un peu aussi, le boulot de nettoyeur de rues (se conjugue surtout au féminin). Toujours des manouches à la peau sombre, aux cheveux très noirs, aux vêtements très vieux et vêtus du petit gilet fluo orange (noué sous les seins pour ces dames, coquettes malgré tout) et maniant la pelle et le court balai de paille avec rapidité et efficacité.






Il y a au même niveau, celui de "collecteur", celui qui ramasse tout et n'importe quoi, généralement la ferraille et les métaux, mais aussi le plastique, le bois ou d'autres objets bizarres. Ceci se pratique majoritairement en charette tirée par un cheval nerveux, mais peut aussi se faire à pied (rarement car peu efficace) ou en véhicule à roues non-identifié.
  Job également hérité par les manouches à la peau sombres, masculins.  

Vous trouverez aussi les "vendeurs ambulants", à pied et transportant leurs objets de vente éventuelle par de savantes lois sur l'équilibre et les forces humaines. Ils vendront des balais de paille, ou des balais brosse avec manche (ben oui en ces tps de neige, faut balayer), ou proposeront leurs services d'aiguiseur de couteaux... ils le crient en parcourant les rues donc suffit de tendre l'oreille.

Il y a les "déménageurs", tous postés dans la rue de , attendant de vendre leurs bras musclés, leur dos et leurs jambes à la camionette ou au particulier qui s'arrêtera pour les louer à l'heure ou à la journée. On les reconnaît à leurs gdes poignes et à leur corde entre les mains, qui servira à porter, tirer ou je ne sais trop quoi.

Il y a ensuite toute sorte de vendeurs. Du plus mal loti qui se gèle le cul dans le froid à celui qui dort dans son cabanon chauffé. Il y a les bouquinistes sur le pont, qui me rappellent vaguement ceux de paris, chez qui vous trouvez les perles rares et les antiquités oubliées. Il y a les vendeurs de livres sur stands ou en mini-librairie, ceux qui vendent qques papiers et des stylos, ceux qui ont des livres pour enfants, ceux qui ont une caverne d'alibaba bordélique à souhait. Il y a les vendeurs du marché aux puces devant la cathédrale, le truc attrape-touristes, mais tout de même bien "spécial" pour ses articles nazis. Il y a les vendeurs en sous-sol, pour lesquels il faut se casser le dos en deux afin d'appercevoir leur tête par leur ptite fenêtre donnant sur le trottoir, spécialisés soit en alcools, soit en produits ménagers, soit en cigarettes. Il y a les vendeurs de journeaux et tabacs (attention! il y a les kiosques privés, où le vendeur possède un stock important de divers journeaux et magazines, va se plier en 4 pour vous aider à faire un choix et vous sourit - et il y a les autres stands, avec les feuilles de choux à scandales locales, où le vendeur somnole et vous dit clairement que le journal que vous cherchez est sous la pile du dessous et qu'il a la flemme de le chercher..du vécu.). Il y a la vendeuse de pistaches, cacahouètes et autres petites grignoteries. Il y a les fleuristes, que je trouve étonemment nombreux et chers!, dont les petits magazins mettent des couleurs à la ville. Il y a les vendeurs de snacks, du sandwich aux traditionnelles banitsi à la pizza, en passant par le devenu incontournable Kebab tenu par le syriens. Et au top du top il y a la vendeuse de magasin de fringues ou chaussures: ne la cherchez pas à l'intérieur ! oh non, c'est une espèce de vendeuse (sexy et habillée court sur talons) qui passe la majorité de sa journée de travail à fumer et téléphoner sur le pas de la porte de son magasin, et qui vous ouvre la porte d'un air las et plein de reproches quand vous osez la déranger.


Dans une catégorie à part, je mettrais les vendeurs et vendeuses de fruits, légumes, et autres aliments ou vêtements, des différents marchés de la ville. La moyenne d'âge du travailleur augmente, la couleur de peau souvent s'assombrit (mais plutot pour ceux et celles vendant vêtements) et les manières sont plus franches et parfois franchement impolies (pour moi, petite fille éduquée à dire bonjour, svp, merci). Mais je l'ai déjà dit et je le répète, ce sont les plus beaux endroits d'une ville, ses marchés et la populace qui y vit, travaille, achète, ou se promène.

Il y a aussi les chauffeurs. De bus, de trolley, de tramway, de taxi jaune (couleur uniformisée depuis peu, afin d'éviter les abus?). Ils contrôlent et régissent les rues de sofia. Et klaxonnent pour faire rire mes enfants quand on attend pour traverser. Il paraît que ce sont les mêmes depuis 40 ans... Le gagnant du gros lot étant le chauffeur du tram de la ligne 5, ultra moderne modèle tcheque...


Et puis tant d'autres tant d'autres... des drôles de job, des moins drôles, des pas drôles du tout, mais des jobs à tout coins de rues. Des insolites évidemment, j'ai pu croiser 2 types déguisés en indien (du far west) des pieds à la tête vendant des CD de flûte, derrière eux un type déguisé en parapluie vendant des hot dogs,
des "agents de sécurité" costume cravatte hyper sérieux postés devant les banques ou édifices importants dont le job est d'empêcher tout intrus de se garer sur les places réservées..etc etc.
Je ne détaillerai le boulot de mafioso, c'est le gars qui est assis au bar ou au resto, dont il est proprio, et qui fume et lit le journal toute la journée en engueulant les filles d'aller dire au vieux dehors de ne pas s'appuyer sur sa mercedes. Pas pris de photos, la trouille sans doute.
Ah oui, pas pris de photos non plus du très demandé job de flic, car après qques déconvenues il y a 1 an, j'ai appris que l'exercice de prise de photo d'un officier en fonction ou en malfonction est puni par la loi et donc interdit.

Ah ! j'oubliais un de mes préférés: le vendeur de ballons du parc! c'est magique ce banc et cet arbre rempli de ballons multicolores, on s'attend à voir le banc décoller en douceur à tout instant...
et aussi mon vendeur préféré, qui "offre" ses qques fleurs à quiconque s'assoit sur un banc..

Par Djadjev's 4
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Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /Jan /2009 14:01

Avant de commencer, petit rectificatif concernant le précédent récit: seul 1% des bulgares se chauffent au gaz, la majorité se chauffant au charbon ou bois. Cela ne change rien aux tractations criminelles qui ne sont tjs pas finies (ils attendent sans doute l'été). Et sur ma lancée, je recommande à ceux qui ne l'ont pas encore fait de lire le commentaire de Miro sur mon récit, il éclaire et précise très justement la situation. En passant, merci à vous 2 de me lire, même si on ne se connait pas vraiment! (en fait, je me rappelle d'une certaine Madonna aux seins pointus un certain soir à Bruxelles...:-)).

Aaaaaah, sortir de Sofia et de son éternel brouillard givrant.... Nous avons évité les pluies verglassantes qui se sont abattues sur Sofia cette semaine, accidents en tout genres et trottoirs-patinoires, apparemment la situation était catastrophique (sans ajouter le bordel devant l'assemblée, j'y reviendrais quand j'aurais compris de quoi il retourne). Maliovitsa, petite station de ski perdue dans Rila - 2 tire-fesses (dont 1 pour débutant...) donc.. 2 pistes. Dès les portes de la capitale franchie, nous arrivons dans les plaines enneigées et ensoleillées, les paysages sont grandioses sous le gel et la blancheur des neiges. Arrivée à Maliovtsa (1750m) par un chemin dans les forêts de grands sapins noirs croulant de neige, nous logeons à l'hôtel maliovitsa (ah ben il n'y a que 2 établissements là-haut, + l'école de ski et 1 café), une chambre familiale qu'ils ont nous expliqué avec fierté (4 lits coincés dans 10m2... mais on s'en fout, on est enfin à la montagne!!!!).
Des stalagtites géants de 2m pendent du toit devant notre fenêtre, il y a un bon feu dans la cheminée du resto, objectif en vue: faire aimer le ski à nos enfants (vital pour leur père, important pour moi...). Et je puis affirmer, non sans fierté, que l'objectif est atteint! Nous avons déployé tous nos talents pédagogiques et en 3 jours top chrono, lilya et matey descendent une petite piste tout seul sur leurs petits skis!!! Dieu que l'enfant est naturellement doué et capte instinctivement les mouvements et les joies de ces drôles de planches qu'on leur a accrochées sous les pieds. Jour 1: lilya entre les jambes de Tati, matey entre celles de mama, pour sentir la vitesse et le mouvement des skis. Jour 2: en tenant un baton que nous tenons de l'autre côté, nous descendons ensemble côte à côte. Jour 3: tout seuls!!! et avec des Youpie, Hourrah, c'est parti, encore! Tant d'enthousiasme que nous en sommes encore sidérés. Peut-être que ce n'est là qu'un apprentissage normal d'un enfant sur des skis, mais quand c'est les tiens..ce sont les meilleurs au monde! D'ailleurs, coïncidence ou non, lilya s'est soudain mis à dessiner des bonhommes avec un tronc, 2 jambes pleines et des pieds... comme si elle avait pris conscience de ses ptites jambes en qques jours. Pour vous faire apprécier le ski, une petite vidéo pour que vous les applaudissiez de chez vous.
La température est spectaculairement remontée en qques jours, les stalagtites ont fondu, la neige aussi, on est passé de -15°C à  2°C en fin de semaine à 1700m d'altitude! Pas de quoi faire du vrai ski pour tati-mama, un peu frustrés mais bon. Nous avons fait un ptit tour à Samokov pour acheter des patates (les meilleures de tout le pays!) et admirer la mosquée fleurie. C'est vraiment une belle région. De vrais montagnards aux grandes poignes fortes, avec leurs gros chiens genres sharplaninatz, énormes, et aussi de vrais beuax sourires francs et massifs comme la montagne. Rien que Dimiter, le loueur de skis et chauffeur du minibus m'a donné assez de sourires sincères pour tout le mois. Un vrai bol d'air pur. Un ptit bémol à la pureté de l'air: les cigarettes...arggg quel peuple de fumeurs invétéré. La première avant le ptit déj, à table devant son assiette vide..puis suivent les 50 clopes journalières, où que ce soit (témoins les pistes recouvertes de mégots..ah ben oui pcq on les jette aussi là où on les fume.). Seul point positif: c'est radical comme cela anihile l'envie de fumer pour les petits fumeurs (comme moi), ça me coupe l'envie de suite puisqu'on avale assez de fumée pour 3 semaines en qques heures...
Sur ce, paraît qu'un ptit lynch à vu le jour... bienvenue sur la Terre, petit d'homme!! bises à vous!

Par Djadjev's 4
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Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /Jan /2009 12:49

11 janvier- Il paraît que les russes ont finalement réouvert les vannes de gaz...? les chauffages avaient été coupés dans les lieux publics (trams, bus...) et les petits chauffages éléctriques d'appoint sont en rupture de stock en Bulgarie, alors ésperons que cela ne soit pas qu'une illusion. La majorité des gens se chauffent au gaz,, et ceux qui ont le gaz dépendent à 100% de la compagnie russe. Nous avons la chance et le luxe d'avoir le chauffage à l'éléctricité dans l'immeuble donc nous n'avons pas du tout été touchés par cette coupure. Mais certains amis ont encore très froid..tout le monde économise ou chauffe une seule pièce avec les chauffages d'appoint. Et mes ptits vieux dans tout ça, me direz-vous? ben oui, les ptits vieux. Encore plus petits.
Fluctuations du cours du gaz au coeur de l'hiver - ou comment de sales accords politico-économiques deviennent criminels.

Bref, passons. J'ai un souci ici: le fatalisme. Je pense que ce mot caractérise pour l'instant le trait majeur des gens que je rencontre. "tout est pourri, rien ne va, c'est le pire pays au monde, mais que veux-tu y faire?", "de toute façon, tu ne peux rien y changer", ce négativisme chargé d'un fatalisme à toute épreuve me sort par les yeux et d'autres orifices de que je ne détaillerais pas. Jamais je n'ai encore entendu autant de récriminations à propos d'un pays, cela par les indigènes eux-mêmes, la phrase que j'entends en introduction à toute conversation c'est "aaaaaah mon dieu, mais tu ne pourras jamais t'adapter à la bulgarie", sous-entendu c'est trop horrible, c'est le tiers-monde, tu vas crever seule et pauvre, je n'aurais jamais dû naître. Plus les phrases gravitent dans les sphères extrèmistes du "pire" et plus la personne qui parle a l'air satisfaite (pas heureuse! oh non! pas heureuse..). C'est extrêmement difficile pour moi d'écouter cela, car théoriquement je comprends une bonne partie de tout ces sentiments, le pays est chargé d'une histoire lourde, les gens ont souffert, la mafia et la corruption tient tout en laisse, le gouvernement n'est pas des plus angéliques, une minorité détient l'ensemble des richesses et les autres essayent de vivoter..etc etc. Mais bon sang, non! ce n'est pas le tiers-monde! L'espoir est permis, et même souhaité! Ne cherchez pas la palme des plus-mal-lotis-au monde! elle ne se trouve pas ici. Je déteste faire des comparaisons, je déteste chercher des liens entre des situations qui ne sont pas comparables car chacun vit sa vie de manière unique et incomparable à une autre, donc chaque petite misère est importante, mais là j'en ai parfois ras-le-bol de cette espèce de fierté à étaler l'horreur que vit la Bulgarie et j'ai envie de dire "p..... mais allez voir ailleurs avant de vous octroyer le pire". Je ne le ferais pas, pcq malgré toute mon impatience et mon agacement je comprends sincèrement comment on en arrive là, je comprends mais je pense qu'il y a aussi tant d'autres chemins à prendre. Et je crois en la capacité de tout un chacun à prendre un chemin un tant soit peu différent, malgré les aléas, les évènements, les situations et les coup-bas de la vie. J'ose émettre certains doutes quand on me réplique "c'est la faute du communisme" quand ma tomate pourrit dans mon frigo.
Je supporte très mal le manque d'enthousiasme des gens, le laisser-aller, l'absence de projets ou d'idées. Et c'est là où parfois (hmm souvent) je me pose la question de l'origine de toute cette soumission: ok ok ok l'histoire, le communisme, le manque de moyens, la corruption, la mafia. J'empathise. Mais n'y aurait-il pas là aussi un certain trait de caractère typiquement ...balkanique - ou slave - ou (je n'ose plus dire les pays de l'est, c'est apparemment insultant)?? Je ne me rappelle pas avoir lu un tel fatalisme négativiste sur les visages cubains. Maintenant, le rapprochement et la comparaison sont évidemment faciles et excessivement rapides, mais ma question me reste quand même. J'ai tant envie de rencontrer qqun qui dégage une motivation, un enthousiasme, qqun qui dise merde à tous et fonce la tête dans le mur. Je l'ai presque rencontré l'autre soir, en la personne de Xraber le cousin d'atanas, architecte un peu fou qui présente des projets sortant de l'ordinaire - mais il a vécu 25 ans en france...et veut d'ailleurs repartir pour de bon car il n'arrive plus à vivre la bulgarie d'aujourd'hui. Bon bref, je ne voulais offenser personne, et surtout pas les amis bulgare que j'ai ici ou ailleurs, mais apparemment pour s'affirmer soi-même, s'accomplir, ou simplement s'autoriser à rêver de réaliser ses utopies, il faut émigrer. Il plane au-dessus de la Bulgarie une sorte de nuage toxique de la Xème dimension qui absorbe les rêves et transforme tout enthousiame en cynisme morose et donne envie de boire et de fumer (%anormalement élevé...).
Mais sur mes états d'âmes banane, nous avons décidé de nous offrir un bol d'air pur, maliovitsa pour une semaine demain, soleil annoncé, les skis et la luge sont sur le toit.

Par Djadjev's 4
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Mardi 6 janvier 2009 2 06 /01 /Jan /2009 09:00

6 janvier

Un vrai hiver ! Les trottoirs sont blancs et glissants, les routes pas bcp mieux (le déneigement n’existe pas encore vraiment ici… seuls les gds axes sont vaguement déneigés) et le parc s’est transformé en parc à luges et skis (si si, les enfants font du ski sur les petites pentes du parc en centre-ville !). Nous avons récupéré la luge russe de la voisine (càd une luge comme on n’en vo it plus chez nous, un engin genre fusée en acier… un tantinet dangereuse mais hyper efficace !), matey adore la vitesse et la neige, lilya est plus réservée mais s’efforce d’y prendre goût avec tati. Les jours passent vite, les ptits vont à la crèche 2 jours par semaine et s’adaptent bien malgré les éternels pleurs de matey lorsque mama s’en va (je finis par désespérer que cela ne s’arrête avant ses 20 ans). Atanas passe son permis 12 tonnes sous la neige (ne me demandez pas pourquoi… enfin si : un jour nous aurons ce satané camion aménagé et nous irons nous perdre dans le sahara et en mongolie profonde), et moi je découvre la ville et je baragouine le bulgare : je prends des « cours » avec la voisine, Vessela, qui fait quasiment partie de la famille. Comme elle parle allemand, nous passons des heures à papoter (et mon cerveau bout à passer de l’allemand au français à l’anglais au bulgare chaque jour, et même l’espagnol avec el cubano sergio !), elle me raconte par le détail l’histoire et les déboires de la famille Djadjev, les ptites fesses rondes de mon mari à 6 mois et ses bêtises à 10 ans, et au bout de 2 h, on se dit qu’on va quand même un peu étudier. Conclusion, je n’avance pas très vite mais je me documente. En fait, c’est le fait de ne pas pouvoir lire vraiment en bulgare qui m’handicape fortement, pcq c’est habituellement ma manière d’apprendre : je lis et réécris des pages et des pages. Et là, je bute sur le cyrillique, je déchiffre comme un enfant de 6 ans avec difficulté et quand enfin j’arrive à lire ma phrase, désespoir je n’y comprends rien. La plus gde difficulté vient des automatismes : la lecture et l’écriture est un automatisme une fois qu’on les a appris et intégrés, et ici je dois lutter contre ces mêmes automatismes car les lettres sont les mêmes mais n’ont plus le même son et c’est un extraordinaire combat contre mon cerveau qui veut faire seul ce que je lui ai enseigné depuis 30 ans. Exemple : un g se lit « d », un n se lit « p », etc, et le plus amusant c’est lorsqu’on passe aux majuscules, ça n’a plus rien à voir ! En théorie c’est simple, je connais mes lettres minuscules et majuscules (même en écriture liée, hohého ! encore d’autres signes…), mais lorsqu’il s’agit d’écrire ou de lire, les automatismes prennent le dessus… bah. Mon bulgare passif est plutôt bon, je comprends la plus gde partie d’une conversation simple, mais alors quand je veux m’exprimer ça donne des « euh..ahhh..grlblmb..nesnam. – atanas traduit moi ça !!! ». Bon ok j’avoue, je n’étudie pas consciencieusement du tout, je paresse sur mes livres. Pas vraiment motivée.

Homo bulgaricus est au ski à Vitocha (la montagne de Sofia), il y faisait -16° la dernière fois, mais comme il a regardé un film de ski extrême avec son pote Martin qui ne rêve que de ski (« Steep » pour ceux qui sont intéressés), il ne pouvait plus penser normalement (ni avoir une discussion normale avec moi sans y mettre au moins 10 fois le mot ski) avant d’avoir rechaussé les dit-ski. Je me rends compte que cela m’a affecté aussi, j’ai placé 6 fois le mot ski en 2 phrases. Ah et j’ai mentionné que nous allons acheter des skis pour les ptits pour essayer s’ils aiment ? (15 euros skis + chaussures + batons, ça vaut le coup). 8 fois.

 

Hey ! Bonne année 2009 !!! –suis vraiment trop nulle, moi.-

Lilya et Matey nous ont fait de superbes dessins des feux d’artifices qu’ils ont vus, des feuilles remplies de couleurs vives (tout en ronds douceurs pour lily et tout en traits explosifs pour matey…), j’adore comment les enfants savent retranscrire avec tant de facilité et de simplicité leurs ressentis.

Le 1er janvier, nous avons eu des billets (merci Simeon…) pour le concert du philharmonique de Sofia au NDK, très chic et très snob – et nous en jean et pull de laine, 2008 était l’année de la Russie en bulgarie, donc rien que de gds classiques russes (prokofiev, tchaïkovski, etc). Intéressant. Surtout les 4 gars du fond aux percussions qui s’échangeaient leurs places selon les morceaux, en faisant résonner leur énorme caisse ou le petit triangle avec la même dignité et un sérieux à toute épreuve. La dame à la harpe m’a fait de la peine, elle n’a eu droit de jouer que pour le lac des cygnes et le reste du concert, elle a placidement attendu la fin. Une belle expérience. Nous voulions y emmener les ptits (vous savez, les parents qui veulent faire découvrir tous les styles de musiques et d’art à leur progéniture afin de les ouvrir à la beauté et à la création.) mais heureusement qu’on y a renoncé pcq le silence qui régnait dans la salle aurait je pense été un peu troublé par leur excitation (matey devient fou devant la télé quand Baba lui met des concerts du philharmonique de Vienne).

Nous espérons pouvoir aller 1 semaine en montagne, à Maliovitsa dans Rila, empéchés que nous avons été avant par un rhume carabiné limite bronchite des 2 microbes (soigné efficacement grâce aux conseils et indications de l’experte N°1 au Luxembourg de l’homéopathie, j’ai nommé ma tata Marie-Paule), puis par la neige entassée sur la route ( depuis nous avons finalement changé les pneus pourris par nos escapades des 4 mois passés en pneus d’hiver) et là atanas a ses cours de glissades en camion dans les rues de sofia… mais nous irons ! Ainsi qu’une semaine du côté de Bansko, afin de pouvoir aller aux bains thermaux de Baniya.

Sur ce, Adriana bienvenue au monde !!!!! et que la vie te soit belle.

 

Par Djadjev's 4
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Vendredi 26 décembre 2008 5 26 /12 /Déc /2008 12:05

26 décembre - Sofia
Sofia s'est parée d'un grand et doux manteau de neige pour ces fêtes de Noël... et Sofia sous la neige se transforme en une ville silencieuse et toute douce, les sons sont atténués, les couleurs se déclinent en 2 tons: blanc et noir. Les arbres noirs ont cette magnifique couche blanche qui fait la cassure avec le ciel. Saviez-vous qu'en Inuit, il existe 25 termes pour désigner la neige?
je n'ai pas pu résister, je les retranscrit ici:

  1. Qank : la neige en train de tomber ;
  2. Qanittaq : la neige tombée récemment ;
  3. Aputi : la neige sur le sol ;
  4. Maujaq : une neige douce sur le sol ;
  5. Masak : une neige mouillée en train de tomber ;
  6. Matsaaq : une neige à moitié fondue sur le sol ;
  7. Aqilluqaaq : une neige douce ;
  8. Sitilluqaaq : une neige dure ;
  9. Qirsuqaaq : une neige aui a gelé ;
  10. Kavirisirlaq : une neige qui avait fondu suite à l'action de la pluie et qui est en train de geler ;
  11. Pukak : une neige cristalline sur le sol ;
  12. Minguliq : un fin manteau de neige poudreuse ;
  13. Natiruvaaq : une fine neige transportée par le vent ;
  14. Piirturiniq : un fin manteau de neige déposé sur un objet ;
  15. Qiqumaaq : couche de neige dont la surface est gelée ;
  16. Katakartanak : épaisse couche de neige craquante sous les pas ;
  17. Aumannaq : neige sur le sol commençant à fondre ;
  18. Aniu : neige propre pour faire de l'eau ;
  19. Sirmiq : neige fondue servant de colle pour faire un igloo ;
  20. Illusaq : neige utilisée pour construire les igloos ;
  21. Isiriartaq : neige jaunâtre ou rougeâtre en train de tomber ;
  22. Kinirtaq : neige dure et compacte ;
  23. Mannguq : neige fondue ;
  24. Qannialaaq : neige très légère en train de tomber ;
  25. Qanniapualuk : neige extrêmement légère en train de tomber dans un air immobile ....

    Je crois, après bcp de réflexion, que nous avons Aputi, Aqilluqaaq et Natiruvaaq aujourd'hui.

Quand je sors sur le balcon vers 1h du matin (l'heure que je préfère, le début de la nuit véritable, la fin des bruits des soirées), je peux goûter au silence de la ville, je vois les arbres blancs se découpant dans le ciel noir, dans le jardin en bas je vois les traces de pattes d'un chat, en face derrière les fenêtres il y a des gens déguisés en père noël qui trinquent (mais sans un bruit pour moi) et ça, c'est un moment que j'aime: beauté et silence. La neige est la seule à posséder cet incroyable pouvoir de tout embellir, de tout nettoyer sous sa blancheur et de feutrer tous ces bruits citadins. Et le plus incroyable, c'est qu'elle amène aussi la bonne humeur, les rires et les jeux, pas seulement des enfants! La fôret se remplit de cris et de rires, on glisse on court on lance on luge on tombe, on s'amuse.

Aaaaaaaaah que j'aime la neige.


Par Djadjev's 4
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